Accessibilité numérique : pourquoi le code propre ne suffit plus ? Plaidoyer pour une accessibilité cognitive

NEURO-TECH & INCLUSION

pôle R&D // Sonixir Studio / De·Cūra

1/13/20263 min read

Visualisation de la régulation de la charge cognitive par flux neuro-ergonomique.
Visualisation de la régulation de la charge cognitive par flux neuro-ergonomique.

Le RGAA a ouvert la voie. Mais quid des neuro-atypiques, des personnes en situation de handicap, et de la fatigue mentale ?

Aromix explore la nouvelle frontière de l'inclusion : le design neuro-ergonomique.

Depuis vingt ans (février 2005 officiellement), le web avance pour devenir accessible.

Grâce au RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité) et aux normes du W3C / WCAG, nous avons fait des progrès immenses pour les personnes en situation de handicap moteur, visuel ou auditif.
Le code est plus propre, les balises sont renseignées, les contrastes sont vérifiés. C'est une victoire technique majeure.
(Note des auteurs : on a encore nous-même beaucoup de chemin à parcourir pour rendre nos sites web accessibles...)

Mais une fois que la porte est techniquement ouverte, l'environnement est-il vivable pour autant ?

Pour près de 20% de la population (personnes en situation de handicap, neuro-atypiques, TDAH, QI ou QE spécifiques, spectre autistique, hypersensibles, etc.) ou simplement pour les millions de salariés en état d'épuisement cognitif, le web reste un lieu d'agressions.

Chez Aromix Groupe, nous postulons que l'accessibilité de demain ne se jouera plus seulement dans le code, mais dans le soin porté au cerveau de l'utilisateur.

L'angle mort du RGAA et la surcharge cognitive

Imaginez une rampe d'accès pour une personne en fauteuil roulant (c'est de l'accessibilité technique).
Elle est aux normes, parfaitement inclinée, utilisable, contrôlée par un organisme ou une association experte. Toutefois elle mène à une pièce où des stroboscopes clignotent et où une musique dissonante hurle en boucle. La pièce est accessible physiquement, mais inhabitable cognitivement. Vous doutez ? Nous aussi.

C'est exactement ce qui se passe sur le web aujourd'hui. Un site peut être techniquement Accessible AA, tout en étant saturé de notifications, de vidéos en autoplay, de micro-interactions stressantes et de sons parasites, voire de publicités contre-productives.

Pour un cerveau neuro-typique, c'est fatiguant. Pour un cerveau neuro-atypique, c'est excluant.
La charge cognitive devient si lourde que l'utilisateur abandonne, non pas parce qu'il ne peut pas cliquer, plutôt parce qu'il ne peut plus traiter l'information.

Neuro-ergonomie : une écologie de l'attention

L'accessibilité cognitive consiste donc à concevoir (design) des expériences qui économisent l'énergie mentale. C'est ce que nous appelons la neuro-ergonomie.

Elle repose sur un principe de biologie simple : le cerveau humain a une sorte de budget attentionnel limité et maximal. Chaque stimulation (visuelle, sonore, haptique, émotionnelle) coûte de l'énergie.

L'inclusion réelle, c'est de réduire ce coût pour tout le monde.

  • Pour le profil TDAH : c'est éviter la dispersion par des stimuli concurrents.

  • Pour le profil autistique : c'est par exemple garantir la prédictibilité sensorielle et éviter les pics sonores soudains (réflexe de sursaut).

  • Pour le salarié en burnout : offrir des interfaces apaisées peut être une belle option, avec des zones de silence cognitif.

Le son : LE grand oublié de l'inclusion ?

Si le visuel est souvent audité, l'environnement sonore (dont le numérique) est le parent pauvre de l'accessibilité. Pourtant, l'oreille ne possède pas de paupière. On ne peut pas faire en sorte de ne pas entendre, quand on est en situation neuro-typique et sensorielle.

Chez Sonixir Studio, dans notre pôle R&D, nous observons que la pollution sonore digitale (notifications, sons d'interface agressifs, audio compressé de mauvaise qualité type MP3) génère une sécrétion de cortisol (hormone du stress) immédiate, et une perte progressive de sens.

Une stratégie d'accessibilité cognitive passe donc par une hygiène Sonore stricte :

  • Suppression des sons d'alerte anxiogènes (fréquences aiguës > 2kHz).

  • Utilisation de nappes psycho-acoustiques (bruits roses, ondes de synchronisation cérébrales) pour favoriser la concentration plutôt que l'alerte.

  • Design de sons d'interface (UI / UX / CX Sounds) organiques et fluides.

Vers un Green IT du cerveau ?

Les acteurs du numérique responsable (comme l'Alliance Green IT) ont brillamment démontré qu'il fallait économiser les ressources des serveurs pour protéger la planète. Splendide.

Il est temps d'appliquer cette même sobriété aux ressources cérébrales pour protéger l'humain. Un site éco-conçu est souvent plus rapide. De la même manière, un site web, une application, ou encore une publicité neuro-conçu(e)(s) est plus performant(e) : il / elle convertit mieux, fidélise plus, et respecte la santé mentale de l'utilisateur/-trice.

L'accessibilité n'est pas une contrainte technique, c'est un projet de société. Elle commence par le code, elle s'accomplit dans le ressenti, dans les émotions, dans le vécu.

Aromix Groupe accompagne les entreprises, les agences web, et les organisations pour auditer et optimiser l'empreinte sensorielle de leurs dispositifs.

Pour que le digital redevienne un espace vivable pour tous.

Mots-clés : Accessibilité Cognitive, Neuro-diversité, Neuro-ergonomie, Charge Mentale, RGAA, Design Inclusif, Sonixir.

Visualisation de la régulation de la charge cognitive par flux neuro-ergonomique.